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li yongbin
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Comment accrocher le mouvement dans une toile ? Donner l’idée des changements de position, de la vitesse et de l’action dans un tableau, par essence figé ? Traduire la notion de temps qui passe, en une seule scène ? Ou encore évoquer les transformations du contexte, qu’il soit réel ou imaginaire. Rendre visible d’un seul coup d’œil les deux côtés du miroir de la vie et de la mort. Ce sont toutes ces contradictions qui fascinent Li Yongbin , l’un des artistes les plus originaux du mouvement d’avant-garde chinois.

Il est arrivé à la peinture en autodidacte. A force de peindre, de pratiquer le métier de peindre. D’abord il a essayé diverses activités qui l’approchaient de l’art : décoration, dessins animés pour enfants,…Jusqu’à se rendre à l’évidence : « Mon cerveau a été comme brûlé, je ne sais rien faire d’autre que peindre… » Depuis 1986 il se consacre totalement à son art. Longtemps, il a cherché une direction. Il fréquente d’abord les grands noms du « Mouvement des Etoiles » les premiers artistes contemporains chinois à avoir ouvert la porte de l’avant-garde, au début des années 1980. Mais il les a observés à distance, plein de respect et manquant de confiance en lui.
Caroline Puel *

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« J’ai voulu arrêter le mouvement, comme on fait un arrêt sur image en vidéo. Cette difficulté à fixer l’instant, j’ai voulu la maîtriser. J’ai voulu montrer ce que j’ai vu, mais qui n’existait pas…Cela a du vous arriver ! Lorsque vous clignez des yeux, ou que vous donnez un mouvement trop brusque de la tête ? … Moi cela m’arrive tout le temps et j’ai voulu en tirer une expérience visuelle. Pour recréer ces instantanés du réel, qui ne sont pas le réel, mais que je vois spontanément ... »
Li Yongbin

* Caroline PUEL, journaliste et écrivain, vit depuis vingt ans entre la France et la Chine. Elle a reçu le Prix Albert Londres pour l’ensemble de ses articles sur la Chine et écrit une dizaine de monographies sur des artistes d’avant-garde chinois.